Confinement quotidien, prison imaginaire ?

Je me suis réveillé ce matin dans une ambiance où mon intériorité cherchait une raison à ma présence physique. Je me sentais piloté par une énergie floue d’amertume en moi et cela me fixait dans un mauvais goût de moi-même avec une tendance générale à me considérer « incapable », incapable de bien vivre et d’être heureux. Mais pourquoi donc !?

Qu’est-ce qui à l’intérieur de moi me poussait à ce retranchement alors que rien en apparence n’était insupportable ?

Si je ne trouvais pas là maintenant le sens de mon désarroi passager j’allais naturellement l’oublier et entamer ma journée du mauvais pied.

Ah oui ! Ça y est je vois, hier soir avant de m’endormir j’avais posé une question de vie à mon ange gardien, mais ce matin la réponse n’était pas vraiment au rendez-vous. Le flou était là. C’est ce qui se traduisait maintenant par ce mal-être bougon à mon réveil. Je me rendais compte grâce à cette petite introspection que ma nuit n’avait pas été de tout repos, qu’elle cherchait à mettre en ordre la question pas suffisamment claire que j’avais posée.

La raison tout ordinaire de mon être au réveil me proposait comme alibi automatique de rechange un mal-être nécessaire mais que je pouvais commencer à percer et mieux cerner à travers le souvenir d’enfance qui se profilait en moi.

Je sentais l’impuissance de ce même « incapable » dans un revécu historique, qui confirmait que c’était bien moi aujourd’hui qui venait de me réveiller avec ce sentiment-là.

Oui mais voilà maintenant que je le voyais est-ce que je n’avais pas le devoir de tout faire pour prendre soin de moi afin de me sentir meilleur, si par cette prise de conscience je ne faisais rien de cet instant c’est ce mal-être qui allait gravement pénaliser ma journée, ma vie même.

Sans chemin spirituel et un peu de pratique sur moi, je n’avais aucune chance de transformer cet instant où le pire m’absorberait, égrainant et plombant ma journée de seconde en seconde à l’infini.

Ce marqueur inscrit en moi maintenant déterminait un nouveau point de départ libre d’un épisode de mon histoire.

Il fallait d’abord accepter mon imperfection du moment en la regardant dignement en face et considérer avec justesse sa relative importance. Et plus je l’acceptais plus je pouvais rentrer dans le souvenir de mon enfance qui émergeait, illustrant précisément la situation présente. Revivre cette dimension parallèle dans son détail et voir la vérité bouleversante du moment dans ce souvenir permet sans heurts de soulager le souvenir et de comprendre avec compassion que cela ne pouvait pas être autrement à l’époque.

Au lieu de m’agacer en peine perdue en subissant l’épreuve du jour, cette sincérité retrouvée libre de l’empreinte du passé me permettait une autre perspective à ma journée.

Le cœur plein d’amour est une force-lumière éclairant mon prochain pas, alors qu’un cœur qui se rend engendre la rancœur, estompe la réalité du monde et distille un fiel malveillant avec le pouvoir de noircir la vision des choses.

Je pouvais m’offrir cet amour conquis dans mon présent matinal. Le faire mien aujourd’hui, le porter à mon cœur et l’offrir au monde.

Le sens retrouvé d’un mal-être ancien traumatique projetait sur mon instant matinal une lumière d’amour qui se matérialisait en réjouissance intérieure, et comme par enchantement permettait à l’esprit renouvelé, régénéré, de réveiller des idées claires, perçantes même et porteuses d’actes équilibrés quant à la suite de ma journée.

Gratitude.

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